« Il n’y a plus de politique africaine de la France « , a rabâché le président français Emmanuel Macron, lors de sa dernière visite en Afrique ! Et pourtant, il était là par 45 degrés à l’ombre, faisant des pieds et des mains, s’évertuant à convaincre une jeunesse africaine délurée que le franc CFA est vraiment ce qu’il faut à l’Afrique, même si – autre « macronnerie ? » – il ne s’oppose pas, dit-il, à l’avènement d’une autre monnaie dans l’actuelle zone du « Franc des colonies françaises d’Afrique : CFA ».

Trêve de condescendance : il faut que désormais la France arrête une fois pour toutes son discours paternaliste et adopte enfin celui d’un échange d’égal à égal, si elle veut se faire une place honorable dans la toute nouvelle configuration du monde. Car avec une Chine qui tutoie l’Amérique et une Corée du Nord nucléaire menaçante et une Afrique devenue la seule et unique alternative pour les entreprises occidentales en perte de croissance, inutile de dire que le monde n’est plus ce qu’il était il y a seulement deux décennies. Et que dire alors d’une France restée figée dans des rapports vieux de soixante ans avec ce qu’elle considère toujours comme son pré carré  ?

A cette France-là, j’ai envie de dire : Réveille-toi, douce France, car l’époque est révolue et bien révolue où les Africains croyaient tous les boniments qu’ânonnaient (convaincus eux-mêmes de leur inanité) leurs « amis » français.

Aussi, si Macron croit vraiment, comme il le prétend, à l’avènement de cette ère nouvelle où la France, loin de dormir sur ses lauriers, toute satisfaite de sa gloire d’antan, tendra la main à l’Afrique dans une perspective de partenariat gagnant-gagnant, qu’il se fasse donc le pionnier de cette nouvelle race de Français, qui a compris que l’avenir du monde ne se fera pas sans une Afrique libre et prospère (pour fixer sur place sa démographie galopante, afin qu’elle n’aille pas submerger le vieux continent et tôt ou tard y créer des printemps de ras-le-bol), car il y va de l’équilibre même des choses de ce monde, devenu plus interdépendant que jamais.

Si Macron, en son âme et conscience, nourrit donc un désir sincère de se faire le porte-étendard de cette nouvelle génération visionnaire de Français, en rompant avec la pratique éhontée de la vieille France-Afrique, il sera certainement le plus réfléchi des présidents français, d’autant plus que ni l’époque ni l’ordre actuel des choses ne permettent que l’on se voile longtemps la face : le sort du monde est lié à celui de l’Afrique. L’ignorer serait prendre le risque de se détruire soi-même, quelque tard que cela advienne.

Abdoulaye Jamil Diallo

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