Avec la décision de déplacer l’ambassade américaine en Israël à Jérusalem, les États-Unis viennent de perdre le peu de crédibilité qui leur restait aux yeux des plus naïfs en tant qu’« intermédiaires honnêtes » dans un improbable accord de paix au Moyen-Orient. 

Si le locataire de la Maison Blanche a changé, les Etats-Unis tiennent toujours le même cap. Obama avait accordé 38 milliards de dollars d’aide militaire à Israël, et la dernière décision confirme s’il en était besoin le mépris de l’Oncle Sam pour le droit international en même temps qu’elle fait tomber son masque de défenseur des droits de l’homme.

Le gouvernement américain a donc décidé de mettre le feu aux poudres et de lancer une provocation ouverte à tous ceux qui soutiennent le peuple palestinien. Chacun peut constater que le rôle de « gendarme du monde » était une fable reléguée maintenant au rayon des contes pour enfants pour faire place à la réalisation du véritable objectif : le remodelage géopolitique du Moyen-Orient. La transgression volontaire de toutes les mises en gardes va provoquer des actes de résistance spontanés comme ceux de juillet dernier quand Israël a tenté de restreindre l’accès palestinien à la mosquée Al-Aqsa.

Aucun état au monde n’a reconnu la souveraineté israélienne sur Jérusalem. Reconnaitre cette ville-sanctuaire comme sa capitale, ce n’est pas seulement faire tomber les masques, c’est prendre le risque délibéré de déclencher une vague mondiale de protestation, et de perdre toute crédibilité dans le monde, en particulier dans les pays du « Sud ».

L’Arabie Saoudite a établi une alliance de fait avec Israël dans le but de lancer une guerre contre l’Iran. Un projet d’ »accord de paix » proposé par le prince héritier Mohammed bin Salman, prévoit de maintenir les Palestiniens à l’intérieur des frontières contrôlées par Israël, de transfèrer Jérusalem-Est où vit la population palestinienne de la ville à l’état d’Israël et de permettre aux colonies juives de rester sur les terres palestiniennes en interdisant tout retour des familles spoliées. Ce plan saoudien reprend l’accord envisagé en 2000 et proposé par Bill Clinton à Yasser Arafat qui l’avait rejeté, le jugeant inacceptable. Le double jeu semble terminé : le régime saoudien a abattu ses cartes.

L’annonce de mercredi n’est que la mise à nu d’une réalité longtemps travestie en « cause humanitaire » ou « processus de paix », la révélation du mépris jusqu’ici masqué envers les peuples du Moyen-Orient. On peut craindre à présent que les Palestiniens, les Irakiens, les Afghans et les Yéménites, utilisent des instruments de mort de plus en plus durs pour riposter et que les terroristes d’état auto-baptisés « communauté international » puissent justifier ainsi une intensification dans l’escalade de la violence, avec le risque d’une contagion mondiale, comme la réaction en chaine d’une fission nucléaire échappant au contrôle de ceux qui l’on déclenchée.

 

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