Au cours des dernières années, un affolement croissant s’est manifesté dans certains milieux de santé publique face à la complication de la circulation des médicaments illicites « de qualité moindre, faussement étiquetés, falsifiés, contrefaits » ainsi que les désigne l’Organisation Mondiale de la Santé. Ce problème est caractérisé comme un souci de santé globale par la nature des mécanismes qu’il engage circulations transnationales de biens de santé et internationalisation des marchés. Il touche la plupart des pays Africains et en particulier ceux dont les marchés pharmaceutiques sont peu régulés. Le continent africain est alors communément désigné comme un espace fragile et comme la cible de trafics et d’irrégularités de toutes sortes. Les chiffres souvent alarmants relayés par les publications scientifiques ou la presse rendent apparente l’incapacité des pouvoirs publics à prendre en charge la situation d’autant plus intolérable. De nombreuses voix s’élèvent en faveur d’un renforcement des législations, d’une intensification des collaborations entre les forces policières et douanières nationales comme internationales ou d’une communication accrue auprès des professionnels de santé et des consommateurs de médicaments.

Les acteurs qui affichent cette préoccupation viennent d’horizons disparates. Bon nombre d’organisations sont ainsi investis dans la lutte contre les médicaments illicites tels que l’OMS, Interpol, l’Organisation Mondiale des Douanes. Au même titre que des organismes privés à but non lucratif financés par des laboratoires pharmaceutiques. Ces acteurs partagent le souci de lutter contre les médicaments illicites mais les intérêts qu’ils défendent ne convergent pas systématiquement et les solutions qu’ils mettent en œuvre pour soutenir un marché pharmaceutique mondial scrupuleux et qualitatif sont, force est de le constater parfois contradictoires et surtout mercantiles. Pour preuve la diversité des produits représentés met à jour la complexité des enjeux moraux, commerciaux, légaux, industriels, scientifiques et techniques dans la production des médicaments prohibés.

Ce problème doit nous interpeller au plus haut point, plus pour ce qu’il est que pour ce qu’il donne à observer : les dynamiques de sécurisation des marchés pharmaceutiques. C’est pourquoi, sans questionner le bien-fondé de la lutte contre les médicaments illicites, cet article tente de mettre en lumière les configurations sociopolitiques, économiques et technologiques dans lesquelles elle est assujettie pense-t-on ??? Le cas avancé est que la façon de traiter ce problème participe d’un processus de reconfiguration de certains mécanismes de santé publique ; les politiques mises en œuvre sont porteuses de répercussions en matière de santé publique. Illustration, pour prendre en charge le thème des médicaments bannis, l’État kényan a voté une loi redéfinissant les domaines de capacités des autorités de contrôles et des douanes, participé à des opérations policières spécifiques. Les « coups » médiatiques et les actions politiques sont difficilement visibles, comme en 2015 l’autorité kényane de régulation pharmaceutique a brulé soixante-sept tonnes de médicaments désignés comme « falsifiés » et regroupant en réalité toutes sortes de médicaments surannés, mal entreposés, non homologués. Plus précisément, l’article s’attache à alerter de la nécessité de la lutte contre les médicaments illicites convergeant vers l’Afrique, en favorisant la mise en place d’un appareillage surtout politique, contribuant à transformer les enjeux d’accès aux médicaments dans les pays du Sud. Jusqu’alors, et surement pour longtemps encore, l’accès aux médicaments dans les pays Africains sera amplement défini par la question des tarifs en premier lieu, de la disponibilité des médicaments ensuite et pour terminer, par les stratégies de concurrence entre les différents laboratoires et producteurs de médicaments génériques qui s’articulent invariablement autour de la propriété intellectuelle.

Une plante médicinale anti-paludisme en Afrique

« Artemisia annua »(http://tendancesante.net/2015-07-l-artemisia-un-traitement-anti-paludisme-qui-fait-polemique/), ou armoise annuelle, est une plante qui pourrait contribué à mettre fin à l’épidémie mondiale de malaria. Séchée puis consommée en tisane ou en poudre, divers observateurs l’ont testée et ont pu constater son efficacité, mais les preuves scientifiques sont encore insuffisantes soi-disant.

Cette plante originaire de Chine est utilisée en Asie depuis plusieurs millénaires pour soigner la fièvre et la malaria, une maladie infectieuse transmise par certains moustiques, aussi appelée paludisme. Cette maladie mortelle touche essentiellement les enfants. Aujourd’hui, beaucoup d’associations sont persuadées que l’artemisia est une plante qui, utilisée toute entière, pourrait annihiler la maladie. Efficace, facile à planter et à transformer, elle serait un traitement adapté contre le fléau du paludisme en Afrique (et ailleurs), sujet à la pauvreté, accès limité aux centres de soin et aux médicaments, très couteux.

Plusieurs autochtones de Luebo (République Démocratique du Congo) ont pu expérimenter les tisanes d’Artemisia annua (http://www.slate.fr/story/73443/oms-contre-tisane-anti-paludisme-malaria), notamment en 2015. A l’hôpital Luebo, où les patients sont traités avec de la quinine (un alcaloïde, molécule aux propriétés pharmacologiques utilisé pour traiter le paludisme (malaria), combiné à un autre médicament. On l’emploie aussi pour soigner les crampes musculaires et réguler le rythme cardiaque. La quinine provient d’un arbuste, quinquina que l’on trouve en Amérique du Sud, dans la cordillère des Andes. Bien qu’efficace pour traiter le paludisme, la quinine s’avère toxique pour le système nerveux), et de l’Asaq (combinaison d’artésunate et d’amodiaquine contre le paludisme distribués en Afrique depuis sa mise à disposition en 2007, par Sanofi et la fondation DNDi, des médicaments anti-paludéens conventionnels). Les praticiens trouvent l’artemisia annua bien plus efficace. Aller chercher l’erreur.

En 2012, l’Organisation mondiale de la santé a répudié l’usage de la plante entière dans un communiqué. La professeure Pamela Weathers, spécialiste de cette plante à l’Institut polytechnique de Worcester aux États-Unis, a décrypté cette réserve pour la rédaction de France 24.
On voit avec des études sur les animaux que l’artemisia est très efficace, et nous sommes sûrs que sa consommation est sans risque.

Sur ce sujet, l’OMS est ma foi très conformiste, rejetant cette alternative sous prétexte que son efficience n’a pas été affirmée, ou plutôt ne souhaite soumettre aux laboratoires historiques une concurrence. L’énigme c’est qu’elle ne présente pas l’artemisia comme une ressource prometteuse dans ses objectifs, ce qui motiverait plus de scientifiques à conduire des recherches.

À cause de ce silence, c’est aussi difficile de trouver des financements. Si l’OMS encourageait ces études, des fondations pourraient les financer.

 

Des chercheurs congolais ont piloté une étude clinique en RDC sur 1 000 malades, pour confronter les traitements classiques (quinine, asaq, lariam) à la plante. Conséquence : les médicaments soignent dans 79 % des cas, contre 99,5 % pour l’artemisia. Leurs résultats ont été communiqués sur le site Malaria World, qui répertorie toutes sortes de publications sur cette maladie.

Alors, je pose une nouvelle fois la question : est-ce que l’Occident est un frein au développement de l’Afrique ? Il est indéniable que les hostilités perpétuelles ici ou là ralentissent le développement économique de nombre de pays. Tant que l’Occident sera le banquier de l’Afrique, le continent noir devra lui rendre des comptes, et pire, accepté sa mainmise. Ils ne sont pas comptables de tout cependant. La France et les pays africains doivent être traités sur le même pied d’égalité. Pour ce faire, préconisons un rapport de coopération d’égal à égal au demeurant qui existe, mais pas appliqué.

Il est vrai que, l’Afrique a besoin de l’Occident pour croître. Car, le continent reste prolétaire s’agissant de la technologie et son système d’enseignement n’est pas suffisamment évolué. Néanmoins, l’Occident n’est pas incontournable, il faut accentuer et diversifier les partenariats entre états Africains, se vendre au plus offrant et non exclusivement aux ex-colonies. Mais également, diversifier son économie qui dépend trop souvent des mêmes matières premières, et apprendre à transformer ces matières premières et ne plus les vendre au brut, car l’Europe impose des normes drastiques.

 

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