Dévaluation compétitive

 

À première vue une dévaluation monétaire peut faire peur, cela est compréhensible car depuis un certain temps aucun débat sur l’euro n’est possible et les aspects positifs sont occultés ou ignorés.

Une dévaluation monétaire est une perte de valeur de la monnaie par rapport à une référence, en général une autre monnaie.

L’euro-système est un système monétaire où les taux de change des différentes monnaies ont été arbitrairement figés. Cependant les raisons économiques qui poussaient aux évolutions divergentes de leur taux de change elles, n’ont pas disparu et continuent à agir. Ces forces économiques ont dû trouver un autre exutoire : afin être « compétitif » on nous « oblige » à casser nos acquis sociaux issus du CNR (loi Sapin, loi Macron, CICE, pacte de responsabilité, loi travail, loi travailXXL …) tout ça inscrit dans les Grandes Orientations de Politique Économique (les GOPÉ sont des « recommandations » de politique économique et sociale émises par la Commission européenne — non élue — à chacun des États membres, en vertu de l’article 121 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE).)

L’avantage d’être souverain sur la monnaie rend possible une dévaluation, de ce fait les exportations augmentent car les prix à l’exportation baissent.

(D’ailleurs je souligne que l’euro a perdu 13% de sa valeur, vis à vis du dollar au cours des 3,5 dernières années. Personne n’en a fait un fromage).

Du coup le chômage diminue car les productions française tournées vers l’exportation sont alors stimulées, donc la dette diminue et nous entrons dans un cercle vertueux.
L’inconvénient, c’est vrai, est que le prix des importations augmentent.

Cependant il faut distinguer les importations non substituables des substituables.

  • S’il existe déjà des productions locales de remplacement (substituables), les importations coûteront plus cher et les productions locales gagneront en compétitivité. Ceci stimule à nouveau l’activité en France et contribue aussi à réduire chômage comme pour le cas des exportations (cercle vertueux).
  • S’il n’existe pas de production locale de remplacement les importations couteront plus cher et à terme cela favorisera l’émergence de production de substitution mais dans l’immédiat le coût devra être supporté.

 

Voici un schéma pour illustrer ces propos

 

Le cas du pétrole

 

Le pétrole fait partie des importations difficilement substituable. Une dévaluation de la monnaie entrainerait une augmentation de son coût, examinons cela en détail :

 

Le coût à la pompe provient en majorité de taxe (environ 60%), le reste se décompose entre le coût du brut (environ 25%), le coût du raffinage (environ 7,5%), le coût de distribution (environ 7,5%). Seul le coût du brut est directement impacté par une dévaluation monétaire, en effet la distribution concerne des activités locales et une grande partie du raffinage est fait dans des raffineries en France.

Ainsi on peut estimer que seulement 30% du prix sera influencé par la dévaluation. Une dévaluation de 10% de la monnaie par rapport à sa valeur actuelle ne provoquerait qu’une augmentation de 3% du prix du carburant.

 

Certes avec une dévaluation certains produits coûteront plus cher mais l’accroissement des revenus dus à l’activité permettra de les acheter.

 

Gros avantage également : beaucoup moins de pollution due au transport car on importe ce dont on a réellement besoin et on exporte également ce dont les autres états ont besoin en favorisant les productions locales (localement l’environnement et les conditions de travail sont aussi mieux contrôlées).

 

Déficit commercial

 

L’Euro étant trop élevé pour notre économie nous sommes en déficit commercial, donc les entreprises ferment ou délocalisent (facilement par l’article 63 du TFUE) ce qui entraine une augmentation du chômage et de la dette du pays => cercle vicieux.

Un article publié en août 2016 indiquait que selon le FMI l’euro est trop fort de 6% pour la France et trop faible de 15% pour l’Allemagne.

Ce qui revient à dire que pour un même produit l’écart de compétitivité entre la France et l’Allemagne est de 21% !

(Le jour de l’article du figaro l’euro valait 1,12$)

 

Aujourd’hui (décembre 2017) il vaut 1,19$ ce qui revient aussi à dire que sur même produit, l’écart de compétitivité entre la France et les États-Unis est de 19% !

 

Chômage, chiffres Français :

Tous ces arguments sont appuyés par des faits :

Nous avons eu 1,2 million de chômeurs en plus sous Sarkozy

Nous avons eu 1,3 million de chômeurs en plus sous Hollande et que nous aurons probablement encore plus d’un million de plus sous Macron. (Catégorie ABC).

 

Chômage, chiffres européens :

Sur les 12 pays ayant le taux de chômage le plus élevé un seul ne fait pas parti de la zone euro (il s’agit de la Croatie qui est le dernier pays entré dans l’UE).

ET en analysant les derniers chiffres européens du chômage, on comprend qu’il y a un bien un lien entre le chômage et la zone euro :

Chômage pays zone UE et zone euro = 8,9 %

Chômage dans l’UE28 = 7,5%

Chômage pays zone UE et hors zone euro = 5,52 %

Soit un écart de 3,37 point entre les pays UE membres de la zone euro et ceux qui ne le sont pas !

Liste de pays membres de la zone euro et liste de pays pays membres de l’Union européenne et non membres de la zone euro

D’ailleurs selon Economie Matin les pays européens qui n’ont pas l’euro s’en sortent mieux (mai 2015) et d’ajouter « le bien-fondé de l’euro est largement remis en cause. D’aucuns l’accusent d’être à l’origine des politiques d’austérité mises en place dans les pays du Sud de la zone euro avec par exemple pour conséquence économique un effondrement de la demande intérieure (baisse des salaires et des dépenses publiques/hausse du chômage et des impôts). D’autres lui reprochent d’être mal adapté à l’économie de leur pays (surévaluation) et par conséquent de freiner leurs exportations et leur croissance. »

 

Le cas du Royaume-Uni

 

Autre fait et non des moindres, la livre sterling était à 1,49$ juste avant le référendum du Brexit aujourd’hui elle est à 1,35$, elle a donc perdu 9,5% de sa valeur.

D’ailleurs elle a repris 12,5% car au 16 janvier 2017 elle valait 1,20$.

Graphique Livre britannique en Dollar des États-Unis

Tous ceux qui annonçaient l’apocalypse en sont pour leur frais.

 

Cette dévaluation se traduit par le niveau de chômage le plus bas du RU depuis 1975,et par une industrie qui engrange ses plus fortes commandes depuis 1988.

 

Avez-vous entendu parler de Target 2 ?

 

L’euro étant une monnaie commune et non une monnaie unique (car il n’y a pas de banque centrale unique).

Pour être plus précis, nous devrions utiliser une autre expression, plus longue et plus lourde mais dénuée d’ambiguïté : l’euro est un système de monnaies homonymes liées entre elles par un taux de change fixe de 1 pour 1 (« peg »).

 

Il y a donc une fuite des capitaux entre les États de la zone euro appelé Target 2.

Pour faire simple, Target 2 est le système de paiement qui permet actuellement aux banques de l’Union européenne de transférer des fonds en temps réel par delà les frontières des États membres et cela de façon illimitée et au taux de change de 1 pour 1.

La divergence des soldes Target 2 s’accroît inexorablement entre l’Allemagne et l’Italie ce qui veux dire que, si l’Allemagne quittait la zone euro, elle se retrouverait créancière de la BCE d’une somme de 879 milliards d’euros, dont il faudrait défalquer la contrevaleur des billets qu’elle a mis physiquement en circulation, que les spécialistes estiment d’environ 600 milliards d’euros !

Si l’Allemagne quittait la zone euro, elle se retrouverait donc avec un compte créditeur à la BCE garni de quelque 280 milliards d’euros.

Si l’Italie quittait la zone euro, elle se retrouverait débitrice de la BCE d’environ 450 milliards d’euros, somme à laquelle il faudrait ajouter la contrevaleur des billets qu’elle a mis physiquement en circulation, que les spécialistes estiment d’environ 150 milliards d’euros.

Si l’Italie quittait la zone euro, elle se retrouverait donc avec une dette envers la BCE de quelques 600 milliards d’euros, immédiatement exigibles.

La Banque d’Italie fera donc défaut pour une somme de cet ordre envers celles des banques centrales qui seront encore dans la zone euro. Ce défaut, à son tour, engendrera une perte qui sera répartie entre ces banques centrales encore dans l’euro au prorata de leur participation à l’euro-système.

On comprend donc l’extrême urgence à ce que la France sorte de l’euro :

Si la Banque de France est encore membre de l’euro-système au moment où la Banque d’Italie fera défaut, elle devra répondre au moins du quart de 600 milliards d’euros, soit quelque 150 milliards d’euros à la charge de la France, et donc des contribuables !

En revanche, si la Banque de France a déjà coupé ses liens avec l’euro-système, elle ne devra plus répondre d’un centime et la perte sera partagée entre ceux qui seront encore là.

La stratégie qui consisterait à attendre benoîtement la fin de l’euro sans rien faire est donc absolument contraire aux intérêts du peuple français.

Il est donc nécessaire que la France se soit « exfiltrée » de l’euro-zone avant la catastrophe.

 

La seule voie de sortie juridique de l’euro pour la France réside dans la dénonciation de l’ensemble des traités européens, en vertu de l’article 50 du traité sur l’Union européenne (TUE).

C’est la seule position correcte du point de vue économique, monétaire et juridique.

 

La France serait le premier état à le faire, et comme le disaient des prix Nobels d’économie comme Stiglitz où Paul Krugman : les premiers pays qui quitteront l’euro s’en sortiront le mieux.

 

Comment va se faire le passage de l’Euro au Franc ?

 

Rien de plus simple 1 nouveau franc = 1 euro ; l’ensemble des comptes et des contrats en France seront re-dénominés de l’euro au franc au taux de 1 pour 1. Admettons qu’un foyer dispose de 1200 euros sur son compte courant, d’une assurance-vie de 50 000 euros, qu’il paye un loyer de 800 euros, et qu’il se soit endetté de 3000 euros pour acheter une voiture. Du jour où se fait la conversion, il a 1200 « nouveaux » francs sur son compte courant, 50 000 francs sur son assurance-vie, le loyer de son appartement est de 800 francs et sa dette de 3000 francs. Lors de la conversion, les règles s’appliqueront à tous les comptes, tous les contrats et toutes les dettes en France.

Source

 

Voilà juste un rappel pour terminer : La France c’est, étymologiquement, le pays des hommes libres.

 

Merci également à Jean Humbert et son livre Asselineau en quelques mots.

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