Depuis la signature des accords de Minsk 2, l’armée ukrainienne n’a eu de cesse de grignoter la zone grise (qui est pourtant censée rester démilitarisée), village après village, pendant que l’OSCE faisait mine de regarder ailleurs, comme si cela ne violait pas les accords que l’organisation est censée aider à faire appliquer.

Mais il est difficile de mettre en œuvre des accords, si ceux qui sont chargés de signaler les violations font comme s’ils n’avaient rien vu…

Ainsi, dans la nuit du 22 novembre, la 54e brigade mécanisée des Forces Armées Ukrainiennes FAU) et le 24e bataillon Aïdar (bataillon néo-nazi) ont pris les villages de Gladossovo et Travnevoye, au Nord de Gorlovka. Ils sont entrés de nuit dans ces villages et ont menacé les habitants avec leurs armes en leur ordonnant de rester chez eux. Plusieurs habitants auraient même été torturés.

Les soldats ukrainiens ont ensuite installé des mortiers et miné la zone, dans le but de tirer le jour d’après depuis ces villages vers d’autres localités qui sont sous le contrôle des FAU. Le tout devant être enregistré par des équipes de TV ukrainiennes et occidentales arrivées sur zone à l’avance. L’objectif étant bien sûr d’accuser les forces armées de la République Populaire de Donetsk (RPD) de violer les accords de Minsk.

Il semble d’ailleurs que les plans des forces ukrainiennes étaient plus ambitieux, comme l’ont déclaré les officiers de la 54e brigade aux médias ukrainiens. L’arme ukrainienne avait l’intention de prendre un territoire beaucoup plus large jusqu’à rejoindre la périphérie de Gorlovka, contrôlée par l’armée de la RPD.

Mais des informations sur l’offensive à venir ont fuité sur Internet, et les forces armées de la RPD ont renforcé leurs positions, empêchant ce plan d’être mis à exécution.

Le centre de presse de la prétendue « opération anti-terroriste » a confirmé sur sa page Facebook que l’armée ukrainienne avait pris le contrôle de ces deux villages situés dans la zone grise. D’une manière totalement cynique, le commandement de l’OAT a même justifié cela en disant que « les unités des Forces Armées Ukrainiennes dans la zone de l’OAT peuvent améliorer leurs positions sur la ligne de contact dans le cadre des accords de Minsk  ».

Ce qui est totalement faux, dans la mesure où le paquet de mesures interdit la présence d’armes et de soldats dans cette zone, suite à un accord où l’OSCE s’était portée garante du fait que la zone grise resterait démilitarisée. Le but de cet accord était de maintenir le cessez-le-feu de manière durable en éloignant les troupes des deux parties en conflit.

De plus, cette occupation des deux villages met les habitants en danger, car la seule route asphaltée, par laquelle transitaient les biens de première nécessité, vient de la RPD. Depuis la zone contrôlée par l’Ukraine, il n’y a qu’un chemin de terre.

« C’est l’unique route qui peut-être considérée comme la « route de la vie » pour les habitants, et pas la route non goudronnée, étroite, de plusieurs kilomètres, qui mène aux territoires contrôlés par Kiev… Nous souhaitons attirer l’attention de l’ONU et de l’OSCE sur le fait que les habitants des localités sus-mentionnées sont privés de la possibilité de se déplacer librement et sont bloqués dans leurs villages, » a résumé Édouard Bassourine.

Édouard Bassourine a exprimé ses inquiétudes sur le sort de la population de ces deux villages, et demandé à l’OSCE d’intervenir.

Le chef adjoint de la MSS de l’OSCE en Ukraine, Alexander Hug avait alors évoqué la possibilité d’envoyer une patrouille sur place, après une reconnaissance par drone qui a eu lieu en fin de semaine.

Mais hélas, fidèle à sa mauvaise réputation, l’OSCE n’a même pas réussi à envoyer une patrouille sur place, et s’est contentée d’une patrouille « téléphonique », en appelant des habitants du village de Travnevoye !!!

Cette nouvelle gabegie de l’OSCE a suscité la colère d’Édouard Bassourine.

« Pourquoi n’ont-ils pas contacté les citoyens de Gladossovo, qui ont appelé l’OSCE à l’aide  ? Ou Alexander Hug attend-il qu’Aïdar procède au nettoyage final… Et seulement après cela, il ira voir une fausse prospérité mise en scène  ? » s’est demandé Bassourine.

En réponse à cette non-réaction de l’OSCE (qui n’est pas la première, en 2016, lors de l’occupation successive de plusieurs villages de la zone grise par l’armée ukrainienne, l’OSCE avait là aussi essayé de faire croire que cela n’enfreignait pas les accords de Minsk), le chef de la représentation de la RPD au sein du CCCC (Centre Conjoint de Contrôle et de Coordination du cessez-le-feu), Rouslan Yakoubov, a menacé d’une réponse symétrique.

Face à l’absurdité de la justification donnée par la partie ukrainienne, et à la réaction plus qu’ambiguë de l’OSCE, Yakoubov a en effet déclaré que la RPD a alors le droit de prendre des mesures similaires. En clair, selon lui, l’armée de la RPD serait en droit de prendre deux villages de la zone grise de son côté en réponse à la capture de deux villages par l’armée ukrainienne de leur côté.

Une telle mesure encouragerait Kiev à continuer à grignoter la zone grise, et la RPD serait alors tenue de faire de même, jusqu’au moment où ce grignotage mettra les deux armées en contact rapproché, et mènera à une escalade brutale de la situation.

L’OSCE porte une très lourde responsabilité dans l’agonie des accords de Minsk. Si cette organisation faisait correctement son travail, et appelait un chat, un chat, la situation ne se serait pas détériorée à ce point.

La guerre à grande échelle se profile de nouveau à l’horizon dans le Donbass. Au moment de juger les coupables de ce génocide, et des crimes de guerre qui sont commis, il ne faudra pas oublier de faire asseoir sur le banc des accusés ceux qui se sont rendus complices de ce bain de sang en fermant les yeux sur ce que fait l’armée ukrainienne.

Christelle Néant

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