Forte baisse de la fiscalité des entreprises (qui passerait de 35 à 20%), forte baisse de la fiscalité des plus riches à travers des dispositifs plus ou moins discrets : voilà le programme fiscal que Donald Trump et les Républicains ont présenté. Quelle ironie de constater la proximité de ce projet fiscal avec la politique mise en place par Emmanuel Macron depuis son arrivée au pouvoir…

 

Des 1%, par les 1% et pour les 1%
Des deux côtés de l’Atlantique, les entreprises et les plus riches peuvent décidément déboucher le champagne  ! Alors que les riches n’ont jamais été aussi riches et que les entreprises n’ont jamais gagné autant d’argent depuis un siècle, les gouvernements continuent à se battre pour alléger leurs impôts, malgré les fortes baisses du passé (on rappellera ici que les entreprises payaient 50% d’IS au début des années 1980 des deux côtés de l’Atlantique et que le taux marginal d’impôt sur le revenu était alors de 56,8% en France et de plus de 70% aux Etats-Unis). Mais après avoir fait tomber l’IS à 35 et 38%, et le taux marginal à 45 et 39,6% la course au moins-disant fiscal continue.
Et finalement, cette direction rassemble Donald Trump et Emmanuel Macron, dont la politique économique n’est finalement pas si éloignée sur le fond, une fois que l’on se débarasse de l’écume de formes différentes, bien entendu. Les deux nouveaux présidents proposent tous deux de fortement réduire la fiscalité des entreprises et des plus riches, accentuant plus encore une tendance historique pourtant très marquée. Les inégalités augmentent ? Trump et Macron s’accordent pour les augmenter plus encore ! Ils mènent tous les deux des politiques profondément oligarchiques, même si le premier le fait d’une manière que reprouve la plupart des élites. Mais sur le fond, que de convergences !
Les deux proposent de réduire plus encore la fiscalité sur les bénéfices des entreprises. Macron propose une baisse à 25% du taux d’IS quand Trump propose de le descendre à 20%. Et les deux présidents veulent réduire fortement la fiscalité des plus riches, en essayant de ne pas le faire de manière trop flagrante. Trump a renoncé à supprimer le taux le plus élevé d’IR et se contente de mesures plus techniques, comme le relèvement des seuils de déclenchement, la réduction du nombre de tranche et l’effarante suppression de l’impôt sur les successions. Un choix absolument révoltant alors que les inégalités ont considérablement augmenté, accentuant le caractère oligarchique des Etats-Unis.
Macron aussi n’a pas osé supprimer l’ISF et se contente d’en réduire le rendement de plus de 75%… Il multiplie les petites mesures aux grosses conséquences, abaissant d’un tiers la fiscalité des stocks-options, un nouveau cadeau de 120 millions. Même le Figaro semble estomaqué, évoquant le fait que les cent premiers contribuables de l’ISF gagneront plus d’un demi-million par an, ou le fait que 44% des gains du Prélèvement Forfaitaire Unique (572 millions) iront à 1% de la population ! Gabriel Zucman pointe que le PFU est une « bombe à retardement pour les finances publiques  », une « iniquité la plus totale  » car elle va pousser à un transfert de revenus du travail en revenus du capital pour profiter de la moindre taxation des seconds que cette réforme introduit dans notre système fiscal.

 

Bien sûr, leur discours et leur façon d’être sont très différents. Mais sur le fond, leurs principaux choix économiques sont beaucoup plus proches qu’on ne pourrait l’imaginer. Amplifiant tous les déséquilibres économiques qui se font jour depuis plus de 30 ans, leur principal agenda consiste à rendre les riches et les entreprises plus riches, au détriment de tous les autres

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