Un reportage diffusé sur ARTE révèle un trafic ignoble de déchets en Calabre… Les pays du sud sont victimes d’une criminalité environnementale, autrement dit, les pays pauvres reçoivent les déchets des pays riches qui s’en débarrassent.
 
La mafia calabraise a engrangé, ainsi, des millions d’euros grâce au trafic de déchets radio-actifs. La Calabre, région du sud de l’Italie, véritable paradis sauvage, est au coeur d’un commerce macabre : celui des substances toxiques.
L’appât du gain l’emporte sur tous les risques encourus. Une criminalité environnementale s’organise, au mépris de la santé de la population. La Calabre est, ainsi, devenue la poubelle de l’Europe. On y écoule 70 à 80 % des déchets européens.
Dans cette région de l’Italie, la mafia a la main mise sur tout.

Une centaine d’épaves chargées de déchets toxiques radio-actifs se trouveraient, ainsi, au fond de la Méditerranée, des navires qui auraient été coulés et sabordés volontairement…

Un membre du pôle anti-mafia, Natale de Grazia est mort subitement, après un repas… un décès brutal pour le moins surprenant : il enquêtait sur ces navires chargés de déchets, disparus mystérieusement en mer.
Effectivement, de l’uranium enrichi immergé en Méditerranée : c’est là une véritable bombe à retardement…
Et « c’est un sujet dont on ne parle pas, qui fait souffrir les gens en Italie », déclare le journaliste Sandro Mattioli qui a mené une enquête sur le sujet.

En Calabre, beaucoup de gens vivent dans la misère : la mafia calabraise contrôle tout, à son propre avantage. Trois clans se partagent le pouvoir. Près de 60 % de la jeunesse calabraise est au chômage : racket et violences dominent le climat social.

La décharge illégale de Zimpario a, ainsi, recueilli pendant des décennies des déchets sur plus de 40 hectares. De nombreuses familles de la région sont touchées par le cancer du poumon.
Les déchets viennent de toute l’Europe, d’Autriche, de France et d’Allemagne, de tous les pays qui possèdent des centrales nucléaires. 600 décharges en Calabre !

En 2014, 600 tonnes d’armes chimiques en provenance de Syrie ont été chargées à bord du navire américain Cape Ray, en plein milieu du port de Gioia Tauro. Les habitants sont descendus dans la rue pour protester, en vain…

Veolia, entreprise française a acheté dans la région une usine d’incinération de déchets qu’elle s’est empressée de revendre 3 ou 4 ans plus tard : ce monstre produit des dioxines et des particules fines néfastes pour la santé des gens.
Et le PDG de Veolia prétend « ressourcer » le monde !
Fraude, corruption, trafic illégal de déchets en bande organisée : telle serait la réalité de cette entreprise.

Après le départ de Veolia, les municipalités doivent gérer seules le traitement de leurs déchets, et c’est la porte ouverte à de nombreuses dérives…
Les multinationales viennent négocier des contrats au niveau local, quitte à traiter avec le milieu criminel.
Une autre multinationale est impliquée : Eurogate, poids lourd européen des opérateurs de terminaux qui a été fondé en 1999.
 
« Ainsi, pour réduire le coût des déchets toxiques, les pays riches sont prêts à faire appel au crime organisé : c’est là une hypocrisie de la part de l’industrie européenne qui préfère payer moins cher ses activités », déclare Francesco Forgione, ancien président de la commission parlementaire anti-mafia.
A Africo nuovo, petite bourgade au bord de la mer ionienne un habitant a dressé la liste des malades et des morts du cancer : sur la via Matteotti, 33 riverains sur 50 ont succombé à des tumeurs.
 
Et dans toute la région, on assiste à une recrudescence inquiétante du nombre de cancers. Mais pas de statistiques, pas d’analyses systématiques : c’est l’omerta qui s’impose. Les gens ne manifestent pas beaucoup d’émotion, ils se résignent.

Les mafieux ont des contacts avec des hauts fonctionnaires, les médecins, les avocats et les juges. En 2016, un sénateur de Calabre Antonio Caridi est démasqué et incarcéré : on lui reproche ses liens avec la mafia.

A Crotone, 2000 hectares d’espace sont contaminés : arsenic, phosphate, ciment contenant des métaux lourds.
Deux écoles ont été fermées, car elles étaient construites sur et avec des matériaux toxiques… un véritable désastre écologique et social dans une région où les puissants clans mafieux poursuivent leur activité criminelle et leur commerce lucratif.
Mais, on fait comme si tout allait bien.
Au total, 696 sites contaminés dans la région ! Et les cancers de toutes sortes se multiplient.

En 2017, des organisations écologistes ont effectué une demande d’assainissement auprès de l’Union européenne.
« Sans coupable, aucun financement ne sera débloqué », telle fut la réponse de Bruxelles.
C’est l’omerta qui prévaut. Et seuls ceux qui se taisent survivent.
Ces trafics honteux cautionnés par l’Europe, par les industriels, anéantissent des populations : le profit, l’argent sont au coeur de ces affaires.

 

Le blog :

http://rosemar.over-blog.com/2017/10/un-scandaleux-trafic-de-dechets-nucleaires-en-calabre.html

 
 
Source :
https://www.arte.tv/fr/videos/062283-000-A/le-poison-de-la-mafia-et-la-loi-du-silence/
 

 

Documents joints à cet article

Un scandaleux trafic de déchets en Calabre...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *