C’est une évidence : depuis des années, les sections scientifiques sont privilégiées dans nos sociétés, et les mathématiques permettent d’opérer une sélection dont on perçoit toute l’injustice et l’incohérence.

Dans les lycées, les classes de séries littéraires sont de moins en moins nombreuses et la plupart des bons élèves sont orientés vers les sections S, avec de nombreuses heures de mathématiques.

Quelle est cette aberration ? On peut ne pas avoir la bosse des maths et être tout à fait performant dans nombre de disciplines.

C’est, pourtant, bien une formation littéraire qui permet à l’être humain de mieux s’intégrer dans la société, de mieux comprendre le monde qui nous entoure, de mieux appréhender le présent tout en faisant référence au passé.

C’est d’ailleurs ce bagage littéraire qui fait défaut, de nos jours, à de nombreux adultes dont on repère assez vite les lacunes et les difficultés en grammaire, en orthographe, ou qui manquent de culture générale…

Oui, on peut parler d’une véritable tyrannie des mathématiques : de nombreux élèves seraient intéressés par des études littéraires, mais la pression des parents, de la société les conduit souvent à s’orienter vers des sections scientifiques jugées plus valorisantes et offrant plus de débouchés.

Il faut changer cette tendance qui conduit à appauvrir les séries littéraires, à les déprécier totalement, tendance d’autant plus dangereuse qu’elle anéantit tout un pan de notre culture.

Les lettres, la littérature, les langues anciennes ou vivantes, l’histoire sont des disciplines fondamentales et essentielles : or, elles sont de plus en plus négligées, mises au rebut.

Il suffit de voir le sort réservé au latin et au grec lors de la réforme des collèges entreprise par le gouvernement précédent pour comprendre que la primauté des mathématiques peut faire des ravages…

Selon le journal Le Point, « plus de 99 % des adultes n’utilisent que les notions de calcul enseignées avant le collège. Un peu d’honnêteté personnelle obligerait chacun d’entre nous à le reconnaître… », déclare le journaliste Didier Raoult.

En revanche, tout adulte a besoin de structures pour comprendre sa langue, la maîtriser, réfléchir sur le monde actuel.

Il serait temps de rétablir des équilibres perdus, depuis longtemps, dans notre enseignement : il n’est plus admissible que les classes de littéraires soient ainsi déconsidérées et méprisées.

Arrêtons de sacrifier des générations d’élèves sur l’autel des sacro-saintes mathématiques. Certes, nos sociétés font une large place à la technicité, à l’informatique, mais justement, il nous faut retrouver le sens de l’humain, des humanités que l’on a tendance à négliger.

Certains bons élèves sont même orientés vers des sections scientifiques, alors qu’ils ont du goût et des compétences pour des études littéraires : il faut encourager ces adolescents et leur donner la possibilité de s’épanouir dans une filière littéraire.

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