Les Etats-Unis sont une société où l’ascension sociale est extrêmement difficile, du fait des inégalités, mais aussi d’un système éducatif profondément oligarchique. Mais la privatisation du service public n’a pas seulement fait des dégâts dans l’éducation. Elle a aussi profondément endommagé un système de santé au coût exorbitant, malgré un mauvais état de santé, et qui se dégrade.

 

L’horreur derrière l’Obamacare
 
 
 
Les chiffres donnent le tournis : pour une personne gagnant 68 200 dollars, l’assurance coûte plus de 6 000 dollars à 40 ans et 15 000 dollars à 64 ans, quand un couple de 55 ans de l’Iowa gagnant 68 000 dollars doit consacrer 33 000 dollars de primes pour s’assurer, la moitié de son revenu ! L’envolée du coût de l’Obamacare provoque d’ailleurs une remontée du nombre de non couverts. Il y a un peu plus de 2 mois, The Economist avait même affirmé que « la solution pour réparer le système de santé étasunien a déjà été testé quelque part en Europe », soulignant la performance désastreuse d’un système aussi coûteux qu’incapable de maintenir les étasuniens en bonne santé.
 
 
 
 
 
 
Un autre indicateur très parlant révèle la dégradation de la situation : la remontée du taux de mortalité infantile pour les bébés noirs depuis 2014, pourtant déjà deux fois plus élevé que pour les blancs. Enfin, une étude du début d’année de la revue scientifique The Lancetévoque une autre triste réalité : la progression de la mortalité des 25-35 ans : « l’ampleur d’une telle hausse est comparable à celle de deux cas d’urgence sanitaire observés dans le passé : la progression substantielle de la mortalité en Russie au cours des années 1990 et la hausse de la mortalité (…) au sommet de l’épidémie de sida  ». Les raisons invoquées sont les overdoses, l’alcoolisme, les suicides et les homicides.
 

 

Ce qui est frappant aux Etats-Unis, c’est que ce pays montre qu’un recul de la situation sanitaire dans un pays dit développé est possible, ce qui n’en reste pas moins étrange étant donnée l’immensité des richesses supplémentaires créées depuis. Comme le note Angus Deaton, il semblerait malheureusement que l’abus d’ultralibéralisme soit dangereux pour la santé, pour ne pas dire mortel.

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