IL fut un temps que nos jeunes smartphoneurs, millenials, ou autre « digital natives » n’ont peut-être pas connu, dans les années 80, où les pare-brises de nos voitures se couvraient encore après un long trajet en voiture d’une multitude de cadavres de papillons…

Oui, ce temps merveilleux, ou les hérissons étaient aussi écrasés régulièrement, et qui nous rappelle aujourd’hui la douceur de nos anciens étés parsemés d’insouciance, semble malheureusement maintenant à jamais révolu. Non pas parce que l’industrie automobile, très soucieuse de l’environnement, et prise de remords aurait décidé de remédier à la situation non, mais plutôt que nous avons tous trouvé plus simple d’éradiquer simplement les insectes de la surface de la Terre, jugés indésirables perturbateurs de notre productivisme agricole et de notre sacro-saint développement économique…

 

Il est vrai que ces bestioles avaient la fâcheuse habitude de vouloir manger ce que nos paysans mettaient tant d’amour à faire pousser et que prendre en compte le fonctionnement naturel de l’espèce la plus représentée sur Terre leur aurait demandé peut-être des connaissances qu’on ne doit plus apprendre aujourd’hui dans les lycées agricoles et que nos ancêtres ont peut-être déjà en grande partie oublié, Alzheimer oblige. Que la vie est mal faite quand même…. C’est à se demander pourquoi la nature aurait mis des millions d’années à produire ces bêtes, si c’est pour devoir aujourd’hui s’en débarrasser avec tant d’acharnement et sans même un pincement au cœur…

 

L’extinction massive des insectes

Si Tf1 en faisait sa troisième information du 20h, c’est seulement vers la fin du journal de France 2, sans même en avoir fait ses titres principaux, que la nouvelle speakerine, Anne Sophie Lapix, sans sourciller, l’humeur impassible, nous rapportait, comme si de rien n’était, que 80% des insectes en Europe avaient disparu en 30 ans, comme si l’on annonçait bêtement la fin du monde entre la poire et le fromage, puis on passait à autre chose, toute aussi « anodine », les affaires courantes quoi…

 

Pourtant, quelques médias, notamment Le Monde, qui relayait le rapport publié par le journal américain Plos One, se voulaient hier plutôt alarmiste :

En trente ans pres de 80% des insectes auraient disparu en europe.

Nouvelle Obs : « Alarmant » : plus de 75% des insectes volants auraient disparu en Europe depuis 1990

Le Parisien : « La disparition des insectes peut bousculer l’ordre naturel »

Cnews : La disparition des insectes menace la Terre d’un « armageddon écologique »

TF1 : « Si les insectes disparaissent, les hommes risquent de les suivre rapidement » (journal de 20h 19 oct)

 

Pourquoi ?

Parce que 80 % des plantes sont pollinisées par les insectes et qu’à l’échelle mondiale, 35 à 40% des légumes en seraient aujourd’hui dépendants. ( INRA, consoglobe). Autant dire que l’impact sur les coûts de cette disparition pour une agriculture non durable et déjà en grande difficulté lui porteraient probablement un coup fatal, les pollinisations humaine à la chinoise, semblant en cela hautement dystopiques.

 

Les causes

Réchauffement climatique, aménagement du territoire et disparition des habitats naturels, lumières nocturnes, agents pathogènes et espèces invasives, ondes électromagnétiques… Si les causes possibles évoquées semblent nombreuses, la thèse de l’usage des pesticides , insecticides (notamment néonicotinoïdes) et engrais, et d’une manière générale le développement de l’agriculture intensive semble celle étant la plus privilégiée par les scientifiques.

Un petit calcul de coin de table – pessimiste certes – mais plausible, car basé sur le taux de disparition présenté par le rapport, en supposant qu’il soit linéaire, nous amènerait à un délai de 7 ans, avant que les insectes aient quasiment ou totalement disparu d’Europe et des pays industrialisés, voire du monde, si rien n’est fait de tangible et de concret pour prendre en main le problème sérieusement.

Einstein, selon sa désormais célèbre prédiction, nous laissait un délai supplémentaire de 4 ans avant la fin du monde et après la disparition des abeilles, mais il n’avait probablement pas pris en compte la gravité de la situation actuelle, qui ne s’arrête pas à une espèce en particulier, ni au règne des insectes, mais à l’ensemble du monde animal et aux nombreuses interactions dont les équilibres échappent probablement à nos petits cerveaux d’homo-stupido-économico-crétin (pour être poli).

 

Et maintenant ?

A l’heure ou les gouvernements continuent à tergiverser sur les pesticides ou autres néonicotinoïdes, et que le monde tend à se libéraliser et s’industrialiser toujours plus en faisant de la baisse des impôts sur les riches une priorité urgente( alors que ceux-ci sont pourtant les principaux polleurs de la planète), sans avoir la capacité de comprendre où de s’arrêter, ne serait-ce que pour réfléchir 5 secondes, on peut se demander si journalistes et hommes politiques, en noyant les problèmes écologiques dans le flot continu d’informations quotidiennes et parfois même anodines, ne sont simplement pas rentrés, sans l’annoncer ni en avoir peut-être même totalement conscience, dans une aire de gestion de l’effondrement.

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