Non à la diabolisation médiatique de J.-L. Mélenchon ; plus largement, refusons l’incessante criminalisation paneuropéenne du combat de classe et de la révolutionPar Georges Gastaud et Antoine Manessis, Pôle de Renaissance Communiste en France, 14.10.2017

A toute occasion désormais, Jean-Luc Mélenchon est stigmatisé par les grands médias publics et privés pour ses supposés « dérapages » et sa prétendue « violence verbale ».

La paille et la poutre

Les « journalistes » qui s’acharnent sur le chef de file de la F.I. feraient mieux de dénoncer la poutre dans l’œil des puissants qu’ils servent, que de chercher sans cesse la paille dans l’œil de JLM. Quand JLM rappelle, en réponse aux propos méprisants de Macron, que « la rue » a imposé toutes les conquêtes sociales, c’est là une VERITE historique dont peuvent témoigner tous ceux qui ont activement participé au combats de 1936 ou de Mai 68, sans parler des journées révolutionnaires de 1789/94, des Trois Glorieuses, de 1848, de la Commune de Paris, des grandes grèves minières de 1941, 1948 et 1962… Quand, faisant allusion à l’insurrection populaire parisienne de 1944, JLM affirme « la rue » a permis de chasser les nazis (en l’occurrence, ce sont les FFI, dont les FTPF étaient l’aile marchante, qui ont balayé Von Choltiz), c’est une autre vérité historique dont répondent entre autres les noms des communistes Rol-Tanguy, Epstein ou André Tollet. Quand JLM déclare que Valls, l’homme qui a imposé la loi Travail à coups de 49-3 en dépit de l’opposition massive des salariés, est un « social-traitre », c’est encore une réalité difficilement niable, puisque cette graine de Jules Moch* a tenté, entre autres manœuvres répressives, d’interdire une manifestation inter-confédérale en juin 2016.

De la violence symbolique… et pas seulement, de MACRON-MEDEF

Est bien autrement plus « grave » que les ainsi-dits « dérapages » reprochés à Mélenchon, le fait qu’un PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE en exercice traite sans cesse ses concitoyens mal-pensants de « fainéants », de « gens de rien », de « cyniques », d’ « extrêmes », de « fouteurs de bordel » ; que ce même individu aille à l’étranger dire que « la France est irréformable » (sous-entendu, il faudra donc la changer PAR LA FORCE) ; ou que le même ex-« trader » devenu chef d’Etat inflige à ses compatriotes, ainsi qu’à tous les francophones du monde, cette violence verbale permanente qu’est l’usage harcelant d’anglicismes incompréhensibles dont le seul effet est de polluer la langue nationale (que Macron est censé défendre au titre de l’article II de la Constitution), de snober le peuple des manants et d’inscrire leurs auteurs dans l’ « élite » mondiale euro- et américano-formatée. Ne parlons pas de la VIOLENCE, non plus seulement « symbolique », mais réelle, que comporte la politique macronienne tout entière au service de l’UE et du MEDEF, et toute entière tournée contre les salariés du privé (notamment contre les ouvriers effectuant des travaux pénibles), contre les fonctionnaires, contre les retraités, contre les locataires de HLM, mais aussi contre les chômeurs, contre les assurés sociaux et contre les étudiants (baisse des APL, sélection accrue dans le Supérieur en violation du principe faisant du bac le premier grade universitaire)…

Dénigrement ou critique franche et loyale ?

Cela signifie-t-il que nous, militants franchement communistes, n’aurions aucune critique à adresser à JLM, tant du point de vue de son orientation politique (par ex., le PRCF n’est pas « mouvementiste », il veut reconstruire un parti d’avant-garde agissant dans le cadre d’un large front patriotico-populaire et notre organisation 100% euro-critique appelle la France à sortir de l’euro, de l’UE, de l’OTAN et du capitalisme). Il peut aussi arriver parfois que l’expression de JLM soit plus brillante qu’ajustée, même s’il serait ridicule de ne pas reconnaître les éminentes qualités de tribun, voire d’écrivain, de cet homme politique. Mais cela relève de la critique sereine et cordiale, non du dénigrement systématique qu’opère sur ordre la PRESSE SOUMISE contre le chef de file des insoumis.

Par ex., s’agissant de la critique dure que Mélenchon vient d’adresser à la fausse gauche, PS et PCF inclus, accusées à très juste raison de s’agenouiller devant l’UE comme Alexis Tsipras (que Pierre Laurent (PCF-PGE), rappelons-le, est allé soutenir à Athènes lors des élections grecques, en trahissant le KKE !), ou de la prise de position des insoumis à l’encontre du drapeau européen, ou encore de la dénonciation justifiée du dangereux Valls, sans doute nous, communistes, aurions-nous dit certaines choses différemment (mais non moins crûment car il faut appeler un chat un chat et Valls un fourrier de l’Etat policier) ; mais il est encore plus clair que nous ne saurions rester silencieux quand toute la réaction hurle à l’unisson contre un homme politique qui a surtout eu le tort, dans la dernière période, d’appeler à l’insurrection citoyenne contre le « coup d’Etat social » et qui a fait aux états-majors syndicaux la proposition quasi sacrilège d’organiser une manif-monstre aux Champs-Elysées pour mettre les travailleurs en situation de contre-offensive globale (nous-mêmes, PRCF, n’avions cessé de proposer une « manifestation nationale de combat pour appeler à la grève générale interprofessionnelle et au blocage du profit capitaliste » durant les manifestations de 2016 contre la loi Travail I).

Alors que le pouvoir macronien se fascise à vue d’œil (avec ses lois liberticides, son quadrillage des médias et d’internet, son compagnonnage indécent avec le gouvernement pronazi de Kiev, sa volonté d’imposer par décret le « drapeau européen » qu’a catégoriquement retoqué le vote populaire du 29 mai 2005, son projet de défense européenne et de gouvernement de la zone euro échappant à la souveraineté du peuple français), il importe de dénoncer l’instrumentation de classe des grands médias pour tenter de briser l’opposition populaire de masse qui se dessine dans notre pays.

L’euro-maccarthysme pourrit le climat politique de toute l’Europe !

Le PRCF appelle en outre les militants de la France Insoumise et Jean Luc Mélenchon lui-même à condamner plus fortement l’ANTICOMMUNISME et la CHASSE AUX SORCIERES européenne qui, dans les ex-pays socialistes satellisés par l’UE/OTAN, tend à interdire les partis communistes tout en réhabilitant insidieusement les nostalgiques du fascisme, du cléricalisme et du Troisième Reich. Les militants franchement communistes de France ne laisseront pas dénigrer, réprimer ou menacer les composantes non communistes de l’opposition populaire ; à l’inverse, ces composantes se défendront plus efficacement elles-mêmes si elles dénoncent frontalement la campagne anticommuniste permanente (et anti-léniniste, à l’approche du 100ème anniversaire d’Octobre 1917) qui vise à déstabiliser tout le mouvement progressiste.

 

https://www.initiative-communiste.fr/articles/culture-debats/diabolisation-de-melenchon-criminalisation-combat-de-classe-revolutionnaire-stop/

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