Par F. Paul

La «novlangue» qui nous a été progressivement imposée par les oligarques qui nous gouvernent, via les grands médias qui leurs appartiennent ou les concepts faussement progressistes du «politiquement correct» nos fait trop souvent oublier le sens véritable des mots que nous employons au profit d’un «gloubi-boulga» où le sens réel des mots – et par conséquent les concepts qu’ils sont censés transmettre – se perd, dans le meilleur des cas, dans un flou artistique qui en brouille le contenu réel et va, parfois, dans le pire, jusqu’à en renverser complètement la signification. Une telle manipulation n’est pas innocente comme nous allons le voir dans l’exemple dont nous traitons ici…

Ainsi en va-t-il des mots de la famille issue du mot «racine». Radical par exemple, dont la définition première est «qui se rapporte à la racine» devenu, par la volonté de nos «maîtres» sous sa forme adjectif un synonyme de fait d’extrémisme dans le langage politique. Dans ce contexte, toute solution à un problème qui s’attaquerait à la racine – c’est-à-dire à sa cause originelle – serait une solution «extrême» et par conséquent le fruit d’une pensée «extrémiste» !

Or, telle la proverbiale mauvaise herbe qu’il ne suffit pas de couper (ce qui ne fait qu’en dissimuler l’existence pour un temps) mais qu’il faut arracher si on ne veut pas la voir ressurgir , un problème, même si on en masque les conséquences négatives pour un temps ou qu’on les atténue provisoirement, reviendra immanquablement sur le devant de la scène tôt ou tard. La seule façon de s’en débarrasser définitivement ne peut que résider dans l’éradication (encore un mot de la famille de la racine ! )de sa (ou ses) cause(s) originelles. C’est-à-dire dans une solution radicale au sens propre du mot ! Ce qui n’infère en rien de la nature des moyens mis en œuvre pour ce faire… Lesquels peuvent aller de tout à fait bénins et sans douleur pour personne à, dans certains cas, effectivement l’«extrême», car ce concept regarde la méthode et non le fond !

A l’opposé, certaines personnes n’hésiteront pas à employer des moyens extrêmes pour s’attaquer à des problèmes mineurs, insignifiants voire inesistant… Ne sont-ce pas là ceux qu’il faut réellement qualifier d’extrémistes ? Extrémistes par ce qu’ils entendent employer systématiquement des moyens extrêmes (et négliger les dégâts – y compris «collatéraux» qu’ils peuvent engendrer) quel que soit l’enjeu !

Il en résulte qu’à l’opposé de l’interchangeabilité que les média-menteurs et leurs maîtres veulent donner aux deux termes, radicalité et extrémisme ne sauraient être confondus…

Mais que recherchent ceux qui ont instillé le contraire ? La réponse est simple à trouver à condition de bien vouloir creuser jusqu’à… la racine !

Il s’agit de poser un interdit de fait sur la recherche des responsabilités dans les problèmes économiques et politiques que connaît notre société. L’extrémisme par son côté brutal répugne à beaucoup de gens (d’autant que dans le même ordre d’idée on a assimileé non-violence et pacifisme – cette dernière notion relevant de l’interdiction de se faire un agresseur et non de l’interdiction de se défendre par des moyens violents si l’agression l’est aussi, contrairement à la théorie non-violente). En assimilant extrémisme et radicalité, on écarte ainsi le public de réactions visant les véritables responsables, les éléments causaux… Et par conséquent on protège l’oligarchie en place de la remise en cause globale de son statut.

A ce stade, je me permets de laisser mes lecteurs méditer sur ce dernier point

 

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