Dimanche soir, monsieur Emmanuel Macron, notre président de la République a parlé des riches et de toute personne ayant réussie qui seraient des « premiers de cordée ». Il s’agirait de ne pas les jalouser, et ceux-ci seraient chargés d’entraîner tous les autres à leur suite. Les plus précaires, les plus faibles, les plus pauvres seraient donc inspirés de faire comme eux pour réussir. Chaque SDF se devrait en gros de fonder sa « start up » pour sortir de la rue en résumé. C’est le fantasme du « self made man » à l’américaine parti de rien pour arriver au pinacle de la société.

La méritocratie serait donc encore efficiente ?…

Monsieur Macron oublie ou feint d’oublier, on ne sait pas trop, que si les riches et les enfants de riches réussissent, c’est principalement pour deux raison : l’argent de leur famille, les réseaux dont elle dispose, sa capacité à les mettre en œuvre. Le reste est de la bonne blague : « Aide toi le ciel t’aidera ! » et toutes ces belles formules ne sont que des fables. Ne fonctionne dans notre société que le clientélisme le plus amoral, le plus abject, et ce à tous les niveaux et dans tous les camps politiques. Personne n’en a l’exclusive.

Tout le monde aura un exemple en tête. Tout cela se fait sur le dos du bon peuple qui étonnamment en redemande persuadé qu’il pourra lui aussi faire partie un jour des plus favorisés. C’est d’ailleurs la principale raison du succès de « En Marche » le mouvement de Emmanuel Macron…

…Ses promoteurs ont joué là-dessus, faisant miroiter aux adhérents leur adoption immédiate dans les milieux favorisés d’un « click » en échange de leur soumission.

Alors oui, parfois, bien sûr, on distingue une ou deux exception notables, aussitôt montées en épingle et désignées comme exemples à suivre. Les plus favorisés cooptent un type ou une fille méritants dans leurs larbins et séides, quelqu’un le plus souvent le plus docile possible, le plus obséquieux, et en font un des leurs. Ainsi ils peuvent vanter les mérites du système, faire des « gorges chaudes » de « l’ascenseur social » qui est dans les faits complètement bloqué. Cela fait sourire quand on nous parle de ces classes « gadget » de « Sciences po » ou autres dont de toutes façons les élèves seront toujours suspects de favoritisme.

Bien entendu, cela ne veut pas dire qu’un élève de milieu très bourgeois que l’on trouve dans les classes préparatoires ou dans les « Grandes écoles » ne travaille pas. Bien au contraire. Je ne nie absolument pas le mérite qu’ils ont à donner beaucoup d’eux-mêmes. Mais leur réussite est faussée dés le départ, leur ascension est biaisée. Ils auront beaucoup plus de cartes en main que les autres, seront sur des rails depuis le départ. Et souvent dés l’enfance on leur fait comprendre qu’ils sont destinés à tel ou tel poste.

Les moins brillants trouvent une place dans le culturel ou dans la presse…

Un fils de général, de grand personnage, ça fait toujours son petit effet dans la plupart des journaux de droite, ça excuse bien des choses…

Cela peut même leur permettre de faire fortune en narrant par le menu leurs névroses de pauvres petits garçons, pauvres petites filles, riches dans une autofiction voire leurs coucheries (cela peut faire plusieurs tomes).

Quand monsieur Macron fait ce genre de déclarations, on se demande s’il est juste cynique ou sincère. Je pense personnellement qu’il est sincèrement persuadé que la méritocratie est une réalité et qu’il suffit de s’y mettre pour sortir de la précarité. Bon élève, tellement docile envers ses professeurs qu’il a fini par en épouser un, appliqué, je suis convaincu de sa bonne foi. La raison en est la totale déconnexion qu’il a de la France actuelle, comme tous les autres politiques.

J’y vois aussi une sorte de vengeance du bon élève sur les cancres et les chahuteurs…

 

Sic Transit Gloria Mundi, Amen

Amaury – Grandgil

illustration prise ici

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